Pourquoi l’actuel Premier ministre, chef du gouvernement, Ahmed Tidiane Souaré lutte t-il pour conserver un pouvoir qui lui échappe maintenant ? Dans le contexte actuel de la Guinée, l’important n’est pas d’avoir le pouvoir, l’important, c’est d’être en mesure de bien gérer le pays
Or, il se trouve de nos jours que la machine gouvernementale tourne mal et à vide... Les hommes qui nous gouvernent ne sont plus capables de relever le défi majeur des guinéens : l’amélioration des conditions de vie des populations démunies. Car ils ont tous les mains pleines de souillure. Aujourd’hui, un extrait du rapport de l’ONG Transparences et Répression des Délits Economiques et Financiers Guinée resserre l’étau sur le Premier ministre. Il est reproché à Ahmed Tidiane Souaré, alors ministre des Mines et de la Géologie entre mars 2005 et mai 2006, d’avoir fait perdre sinon détourné plus d’un milliard de dollars US (1.015.000.000 USD précisément) à la Guinée. Ce faramineux montant, évalué aujourd’hui à plus de 5000 milliards de francs guinéens, concerne les transactions menées, au nom de l’Etat, par l’ancien ministre des Mines , Ahmed Tidiane Souaré avec les sociétés minières à savoir ACG-FRIGUIA, la SMD et la SAG. Cet état de fait peut-il rester impuni.
BRADAGE DES ACTIFS DE L’ETAT DANS LES SOCIETES MINIERES PAR LE PREMIER MINISTRE DR. AHMED TIDIANE SOUARE ANCIEN MINISTRE DES MINIES
I-FRIGUIA ACG
I- valeur estimée de l’usine par le Cabinet FFA Ernest et Young 257.000.000 USD
II- Montant dus par ACG MI au titre des BIC et dividendes éludés du 1er mars 2000 au 30 mars 2006 644.000.000 USD
Total= 901.000.000 USD
III - Prix de la cession des actions de FRIGUIA et ACG PAR Ahmed Tidiane Souaré (ministre des Mines à l’époque) : 22.000.000 USD
IV- Perte enregistrée par l’Etat sur FRIGUIA et ACG 879.000.000 USD
BRADAGES DES ACTIFS DE L’ETAT DANS LES SOCIETES MINIERES PAR LE PREMIER MINISTRE DR AHMED TIDIANE SOUARE ENCIEN MINISTRE DES MINES
II - SOCIETE MINIERE DE DINGUIRAYE (SMD)
Valeur estimée des actions par les experts du Ministères des Mines 100.000.000 USD
Valeur négociée par le ministre des Mines 30.000.000USD
Montant effectivement encaissé par l’Etat 12.000.000 USD
Perte enregistrée par l’Etat suite à cette transaction 88.000.000 USD.
BRADAGE DES ACTIFS DE L’ETA DANS LES SOCIETES MINIERES PAR LE PREMIER MINISTRE DR. AHMED TIDIANE SOUARE ANCIEN MINISTRE DES MINES
III - SOCIETE ASHANTI GOLDFIELDS GUINEE (SAG)
Droits de mutation dus à l’Etat lors de la fusion entre Anglogold et Ashanti Goldfields le 24 avril 2004. 55.000.000 USD
Montant effectivement payé suite à la transaction effectuée par le ministre des mines le 31 octobre 2005 7.000.000 USD
Perte enregistrée par l’Etat suite à cette transaction 48.000.000 USD
TOTAL DES PERTES CAUSEES AU TRESOR PUBLIC GUINEEN SUITE A CE BRADAGE
1.015.000.000 USD (Un milliard quinze millions de dollars américains)
Ceci est un document de l’ONG Transparence et Répression des Délits Economiques et Financiers en Guinée.
Il est aujourd’hui évident que la Guinée est un scandale géologique et riche en énergie hydroélectrique. Mais encore faudrait-il que des investissements suffisants soient effectués pour ne pas compromettre le développement de ces considérables potentialités. On se promène à travers le pays avec un slogan à résonnance plutôt verbale qui est la lutte contre la pauvreté. A les entendre crier, on rêve déjà au jardin d’Eden.
Un gouvernement qui ne s’intéresse pas au vécu du peuple, parle de lutte contre la pauvreté. C’est vraiment ridicule. En vérité, l’apathie du pouvoir actuel a donné naissance à une bourgeoisie bureaucratique, compradore, cruelle et stupide bien accrochée au pourvoir et qui favorise maintenant la stagnation économique. Vingt quatre ans de pouvoir ! La politique économique de notre pays est confisquée par un clan au pouvoir. A présent, elle est livrée aux dents et griffes, coteries et des clans organisés autour des ambitions médiocres de quelques individus connus pour leur appétit pécuniaire.
C’est pourquoi la crise économique en Guinée devient de plus en plus préoccupante d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une crise morale, née de la corruption et du détournement endémique des deniers publics du clan au pouvoir.
Le détournement du denier public au trésor, à la Banque centrale, aux impôts tout comme au ministère des Mines et de la Géologie sont une parfaite illustration.
En Guinée, le pouvoir semble dominer les autres, faciliter la course effrénée de gains financiers et matériels. Tous les scandales financiers ne sont-ils pas suivis de simples déclarations de culpabilité ? Sans aucune condamnation, à plus forte raison rembourser les montants compromis.
D’après l’homme de la rue « l’ex ministre des Mines et de la Géologie, Ahmed Tidiane Souaré serait coupable et responsable de nos souffrances ». Pour le malheur de la Guinée, les Guinéens sont habitués aux cynismes des malversations financières de tout genre. Le régime nous a habitués à des déclarations tonitruantes sans suite. Le culte de l’impunité est dès lors de mise.
Aujourd’hui la carence notoire du gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré facilite l’exacerbation de l’inégalité et de l’injustice sociale avec leurs corolaires de pauvreté extrême, d’insécurité et de démoralisation.
C’est pourquoi, nous sommes affirmatifs et catégorique qu’il n’y aura jamais de remède contre la pauvreté dans ce pays, tant qu’on à pas posé les bases d’un régime démocratique, d’équilibre et de justice fondée sur une gestion saine des affaires de l’Etat. Inutile de se livrer à une basse manœuvre de politique politicienne. Un pays qui n’a pas de perspectives économiques, sombre toujours dans la pauvreté et voire même dans une misère noire.
Si fait qu’on est contraint d’user de toute stratégie de mendicité pour survivre.
Le peuple est écœuré par le cynisme et la corruption qui sévissent à tous les échelons de l’Etat. Notre pays est maintenant, un pays ruiné, une société en état de déliquescence avancée. La bonne gouvernance semble reléguée aux calendres grecques.
Que les maitres du jour cessent d’immoler la Guinée sur l’autel de leurs intérêts égoïstes au grand dam de tout un peuple. Nous n’avons plus rien à espérer avec l’actuel Premier ministre et son gouvernement. Ils doivent partir. Le pouvoir n’est pas un emphytéotique.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des difficultés dues à la dette extérieure qui pèse d’un fardeau écrasant sur le maigre budget de l’Etat et qui ne permet pas au pays de répondre à l’urgence de ses besoins en matière d’infrastructures de base, notamment : eau, électricité, équipement du monde rural. Aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon et les organismes financiers internationaux sont choqués des scandales financiers à répétition qui gangrènent toute l’administration guinéenne.
Le peuple doit rester vigilant, car il ya des velléités de faire une révolution de Palais : «ôte-toi, je ne mets là » et voila un Pinochet qui va continuer l’exploitation. L’essentiel, c’est d’empêcher à tout prix le peuple de voir le fond du canari.
L’avenir n’est nullement une réalité, l’on crée l’avenir par la pensée et l’action. Nous devons prendre en charge nous-mêmes notre destinée et riposter par la force là où la force nous opprime. Car le voile du mensonge jeté sur la vérité ne tient jamais la route. C’est criminel !
Abdoul Aziz Camara