Le peuple de Guinée a célèbre le 2 octobre 2008, en communion d’idées, des fois mêlée de frustrations et de révoltes internes, puisque meurtri dans son amour propre, la fête anniversaire de ses 50 années d’indépendance et de souveraineté nationale arrachée de haute lutte, le 2 octobre 1958, des mains du gouvernement français alors dirigé par le Général De Gaulle, après que les colonisateurs aient régné en maître absolus durant 60 ans dans le pays.
Les festivités marquant la fête anniversaire du cinquantenaire du 2 octobre 2008 en Guinée, sont désormais rentrées dans l’histoire du peuple guinéen. Mais si elles ont mobilisé l’ensemble des couches socioprofessionnelles, ainsi que les populations guinéennes dans la grande majorité, elles ne semblent pas cependant apportées du bonheur et le bien-être au peuple après 50 ans d’indépendance et de souveraineté. Car, au moment même où elles font l’objet de célébration, le pays tout entier traverserait une crise aigue, notamment dans les domaines politique, économique et social, qui frappent de plein fouet, les populations guinéennes dans leur amour propre.
Sinon, comme tout anniversaire, la célébration de la fête du cinquantenaire, est une occasion d’évaluer le chemin parcouru, pour jeter les bases d’un venir meilleur, ancienne colonie française, la Guinée a été le premier pays de l’Afrique noire l’expression française à avoir son indépendance le 2 octobre 1958.
La souveraineté, une fois acquise aura permis au pays de compter désormais sur ses propres forces pour bâtir et conduire son peuple sur le chemin de la pleine liberté. Le NON de la Guinée évoque ainsi l’engagement de ce pays pour l’Afrique. La Guinée indépendante évoque aussi des dates majeures de son destin. En effet, en choisissant dès 1958n la voie de l’indépendance pleine et entière, elle a cristallisé à un moment crucial la détermination du continent africain tout entier à affirmer coûte que coûte que la dignité. Et elle a accepté d’en payer le prix. Elle a traversé des moments difficiles au cours desquels elle a forgé elle-même les armes de son destin. Le peuple de Guinée a appris à défricher de ses propres mains les chemins de son avenir.
Malgré tout, la Guinée est restée fidèle à son dévouement à l’Afrique et au tiers Monde. Co-fondateur de l’OUA (Union Africaine aujourd’hui), et du Mouvement des Non Alignés, la Guinée est aux premières lignes des combats menés contre toutes les tentatives de soumettre l’Afrique à des volontés qui lui sont étrangère.
Dans le même temps, la Guinée a œuvré sans relâche pour que cessé la division au profit de l’unité africaine et pour que soit reconnue dans les faits, l’égale dignité de tous les peuples et la participation pleine de chacun aux débats et aux prises de décisions qui engagent l’avenir de l’humanité. L’histoire tumultueuse de la Première République n’a pas émoussé pour autant l’ardeur des guinéens dans la lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et la consolidation de leur indépendance. Ce périlleuse et exaltant chemin a amené pendant 26 ans le pays dans l’autocratie avant que le 3 Avril 1984, des hommes courageux et patriotes notamment dans l’armée guinéenne, à décider de mettre fin à cet accaparement du pouvoir pour fonder un régime véritablement démocratique.
Aujourd’hui encore, plus que jamais, le même peuple déterminé et fier, a décidé avec la volonté politique de certains fils du pays, à bâtir une nation guinéenne digne avec l’aide incontestable des citoyens en vue d’un épanouissement du pays. De nos jours, la Guinée dispose de tous les instruments et structures d’un Etat moderne. Par la mise en œuvre d’un véritable chantier de réformes institutionnelles et structurelles pour mieux redéfinir le rôle et la place de l’Etat, en matière de libéralisation le secteur privé, restructurer la fonction publique et la réforme de tout le système bancaire et monétaire.
Le 2 octobre 1958 à pu correspondre à la transition démocratique. Le 23 décembre 1990, la loi fondamentale a été adoptée suivi deux ans plus tard des premières élections pluralistes. Le 11 juin 1995, les guinéens sont une fois encore rappelés aux urnes pour les élections législatives pluralistes, les premières organisées depuis l’accession du pays à la souveraineté nationale.
A l’issue du scrutin, 114 députés ont été élus pour cinq ans. Il faut noter que des partis politiques ont été représentés à l’Assemblée nationale dont 74 appartiennent à la majorité présidentielle. Le 23 décembre 1991, marque la promulgation de la loi organique portant attribution, organisation et le fonctionnement de la cour suprême qui devient l’organe de juridiction et de consultation le plus élevé de l’ordre administratif et judiciaire. Cette institution a pour prérogative de se prononcer sur tous les conflits entre les pouvoirs exécutif et législatif. Le 19 juin 1997 a connu la nomination de 45 membres du conseil national de la communication (CNC) instrument de régulation de l’information. A 50 ans de son indépendance, la Guinée aura atteint le 2 octobre 2008, l’âge majeur de sa souveraineté qui est à la dimension de ses acquis démocratiques. Cependant, la célébration de ce cinquantenaire correspond, le 2 octobre 2008, à la détermination du vaillant peuple du 28 septembre 1958 et du 22 novembre 1970 et du 3 Avril 1984, de relever des défis incommensurables.
Primo : la déclaration du leader politique, feu Ahmed Sékou Touré, Premier Président de la République de Guinée qui disait à l’époque : ‘’Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage’’, traduisait clairement le niveau politique et idéologique des cadres guinéens à l’époque ainsi que la prise en compte essentielle du genre humain à savoir la liberté et la souveraineté d’une entité politique, économique et sociale.
L’audience, la détermination des pères fondateurs de l’indépendance nationale et autres illustres devanciers, connus ou anonymes d’alors ainsi que la qualité de la stratégie mise en place et l’adhésion totale des masses au programme de décolonisation de la Guinée, ont mérité respect et reconnaissance pour le pays.
Secondo : le 28 septembre 1958, le peuple guinéen releva le premier défi : En effet, seul pays de toutes les colonies françaises, la Guinée opta pour l’indépendance immédiate en votant ‘’NON’’ par 1.121.492 voix contre 56.955.
Le 28 septembre 1958, la France a pris acte du vote de la Guinée et le 12 décembre 1958 elle est admise à l’ONU comme, 82ème membre.
Après l’accession de la Guinée à l’indépendance, la réaction du gouvernement français ne se fit pas attendre. La France fit appliquer au nouvel Etat guinéen des mesures de rétorsion à travers le départ massif de techniciens et fonctionnaires, la suppression de crédits bancaires et le transfert accéléré de fonds vers l’ancienne métropole, le gel de tous les avoirs guinéens en France, l’arrêt des travaux d’équipements, les planteurs français sont encouragés à aller s’établir en côte d’Ivoire moyennant d’importants crédits.
L’ancienne métropole ne pardonnait pas la Guinée d’avoir ouvert la brèche dans le régime colonial favorisant ainsi l’accession à l’indépendance par cascade des anciennes colonies d’Afrique. Dès lors, le gouvernement guinéen fraîchement mis en place des mesures pour accueillir outre des étudiants, des professeurs, des ingénieurs et des médecins africains et Européens qui contribueront à consolider les bases du jeune Etat.
Et depuis ce temps, les autorités de la première République ont engagée une rude bataille pour la consolidation des acquis de l’indépendance nationale.
Le 3 Avril 1984 : le peuple de Guinée dans le même élan patriotique apportait son soutien à l’action de l’armée nationale qui venait d’opter pour une société libérale et démocratique.
La paix et la sécurité sont devenues dans le contexte actuel, fort heureusement, une des constances de la culture guinéenne. Durant la période donc, les guinéens sont parvenus à connaître les bienfaits de la liberté mais aussi et surtout d’affronter des obstacles auxquels le Général Charles De Gaulle avait fait allusion le 25 Août 1958 dans son discours à Conakry, citation ‘’la Guinée tirera les conséquences de son choix’’.
La célébration du cinquantenaire, le 2 octobre 2008 par le peuple de Guinée, après avoir rétracté tout ce parcours élogieux devra amener la nation toute entière, à connaître et à goûter aujourd’hui tout le bonheur souhaité et un bien être inconditionnel qui marquait ainsi le départ d’une nouvelle vie, d’une nouvelle ère de prospérité. Mais au jour d’aujourd’hui, il est louable de constater avec un certain regret que les guinéens, malgré tout, continuent de tirer de diable par la queue, du fiat de l’application par certains fils du pays, des stratégies, mises en place et des programmes élaborés qui, il est vrai, n’ont pas donnés de résultats satisfaisants pouvant relancer tant la politique que l’économie ou la stratégie sociale qui sont, en effet, des outils indispensables à l’essor politique, économique et social ainsi que pour le bonheur et le bien être de tous les guinéens, sans exclusion aucune.
Que dire donc de ce cinquantenaire, que la Guinée vient de célébrer ? Sans jamais se faire une illusion masquée durant les 50 ans d’existence de souveraineté et d’indépendance, la Guinée a connu certes des progrès tangibles dans tous les domaines de la vie. Mais malgré ces progrès remarquables, il n’en est pas resté qu’elle n’a pas connu des faiblesses.
Faiblesses qui ont conduit au cours de son parcours à la naissance de sérieuses crises politiques, économiques et sociales dont les effets pervers ont durement éprouvé son évolution souhaitée.
Ces différentes crises sont entre autres : cherté de vie, malgré la richesse du sol et du sous sol, la faiblesse de la production nationale dont les conséquences négatives n’ont pas favorisé l’envol de l’économie nationale, le taux de change qui a stagné a fortement basculé sur la stabilité de la monnaie guinéenne, le chômage au sein de la jeunesse a été durement ressentie dû à une mauvaise politique de l’emploi, les politiques macro-économique et la gestion transparente de la richesse nationale sont loin d’être le panacée des différents gouvernements qui se sont succédés au cours des 20 dernières années, l’égoïsme et la corruption ainsi que la fuite des capitaux, les détournements des derniers publics ont été les principaux points qui n’ont pas permis à la Guinée, à l’instar des autres nations émergentes, a donné satisfaction aux besoins cruciaux dont les guinéens, dans leur ensemble, souhaitaient avoir des 50 ans d’indépendance âprement arrachés des mains du colonisateur français.
Tout ce manque à gagner, a conduit inexorablement à la pauvreté extrême, au manque de solutions aux difficultés qui ont surgi sur le chemin du parcours de l’histoire du pays. Mais surtout et pour mieux être explicite, la Guinée a marqué de visions claires dans la conduite de son destin, vers le bonheur et le bien être souhaités par tous.
A l’analyse de ces constats très amers, qui ont marqué les 50 ans d’indépendance de notre pays, il se doit désormais que les guinéens ensemble, que nous tirons les leçons du passé. Pour qu’ensuite nous puissions projeter la vision commune vers l’avenir afin de poser intelligemment, mais aussi globalement les perspectives de notre année qui sont allées devant nous. Ces perspectives nouvelles qui ne doivent, elles souffrir d’aucune erreur humaine, ont des exigences qui interpellent toutes les couches socioprofessionnelles du pays ainsi que les populations guinéennes dans la recherche de solutions fiables aux besoins de nos problèmes. Ce qui exige de tous, une réflexion collective afin que les guinéens, que nous sommes puissions faire peau neuve, projeter nos visions dans une orientation qui nous guidera à la correction effective des faiblesses accumulées durant les 50 ans d’indépendance et de souveraineté qui viennent de se placarder dans les annales de l’histoire passé. Afin que dans un avenir très proche que nous devons cerner de près, dans l’option irréversible de nous placer dans une position de relever tous les défis qui ont marqué de l’accession de l’indépendance le 2 octobre 1958 jusqu’à la célébration, le 2 octobre 2008, surement que les 50 années qui démarrent maintenant, pourront nous amener du bonheur. Pour vue que les guinéens, ensemble, nous puissions combattre dès à présent, tous les maux qui ont favorisé notre retard dans la conquête du progrès, de l’amélioration de nos conditions de vie et du bien être que nous ambitionnons tous pour relever les défis.
Abdoul Aziz Camara